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Développer le pouvoir d’agir des habitants : les enjeux pour les acteurs locaux

Contexte
Rillieux-la-Pape est une commune de 30 140 habitants située dans le nord du territoire de la Métropole de Lyon. La moitié de la population vit dans le quartier Ville nouvelle, classé en politique de la ville.

Fin juin 2015, au centre social Semailles à Rillieux-la-Pape : une trentaine d’acteurs (10 institutions) ont répondu présents à l’invitation lancée par l’Uracs et le CR•DSU. Malgré les échecs rencontrés dans la conduite de démarches participatives, malgré les doutes et les désillusions, tous sont des convaincus de la participation. Ils sont venus par curiosité, voir ce que le développement du pouvoir d’agir (DPA) pourrait changer, s’il peut être un levier pour que les habitants deviennent « acteurs ».

Dès le premier jour, le ton est donné : « Le pouvoir d’agir ne résout pas la question de la participation. On part de ce que les gens ont envie de dire, ce qu’ils définissent comme étant important pour eux, et sur lesquels ils veulent agir, faire bouger les lignes ». La présentation théorique du processus du DPA est claire. Certains travailleurs sociaux y retrouvent leurs façons de faire. Mais la concrétisation de ce processus est aussi complexe que le schéma théorique est limpide. Il implique d’avoir le mandat de son institution pour agir en ce sens, et d’adopter la posture adéquate : celle dite du passeur.
C’est là où les choses se corsent. Parmi les postures existantes, chacun prend conscience de celle(s) qu’il endosse au quotidien au sein de son environnement et du contexte dans lequel il évolue. Puis, chacun prend la mesure de la marche à franchir pour être dans celle du passeur. Ainsi, l’enjeu essentiel pour les participants à cette expérimentation est d’accepter d’être bousculés. Ils reconsidèrent, remettent en question leurs principes d’action, pratiques, environnement de travail… Il leur faut également analyser le mandat qu’ils ont actuellement pour expérimenter une démarche de DPA (son ampleur, son contenu, ses limites) et réfléchir à leurs marges de manœuvre pour le clarifier, le faire bouger ou le formaliser.

À côté de cet enjeu propre à chaque acteur, il y a un enjeu collectif : s’organiser sur le territoire. Il va leur falloir définir le rôle de chacun dans l’objectif du développement du pouvoir d’agir des habitants du quartier : « Il faut que chacun de vous, dans vos métiers, vous identifiez dans quelle étape du processus vous pouvez intervenir ». Il leur sera aussi nécessaire de penser une façon de communiquer entre eux sur ces sujets, et réfléchir à des pistes pour que la culture du DPA soit partagée avec l’ensemble des acteurs intervenant sur le quartier, en particulier ceux qui ne suivent pas la formation.

cropped-logo.pngY aller par d’autres chemins…

• Les démarches
La dynamique partenariale autour du DPA, initiée lors de la formation, s’est structurée et consolidée. Toutefois, au bout d’un an d’expérimentation, les partenaires locaux naviguent à vue et le découragement n’est pas loin.
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