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Paroles d’une professionnelle : « Nous devons changer nos représentations »

Contexte
Formation avec ATD Quart Monde avec des personnes en situation de pauvreté – Rezé (44)

Une formation peu habituelle
Nous n’avons pas eu une posture d’apprenant habituel. La méthode ou les outils qui sont mis en place permettent comme un voyage, une forme d’immersion, une navigation en profondeur qui permet d’aller à la rencontre de ce que peuvent vivre les militants ATD, les personnes démunies.

Le travail sur les représentations
Ce qui était assez étonnant et difficile à entendre, c’était de voir le trouble, la gêne ou parfois la résistance que nous avons, nous, les professionnels, à accueillir les représentations que les habitants peuvent avoir sur nos institutions.
D’autre part, j’ai été interpellée par la perception du mot « social », entendu par les militants comme une « trahison », faisant notamment référence aux placements des enfants. Ce sont des choses que l’on sait, mais cela prend une autre force de l’entendre de la part de gens, de personnes particulièrement jeunes.

Les échanges sur la place des institutions
Il y a eu beaucoup de discussions sur le fait que les militants, les personnes démunies ont besoin de travailler entre eux, sans l’intervention des institutions. Les habitants ont aussi besoin de travailler entre eux pour pouvoir se conforter et constituer, leurs points de vue avant d’aller les confronter aux institutions. Cette question a suscité des désaccords, mais les échanges ont été très riches.

Les leviers de l’engagement
A la question : « qu’est-ce qui vous a poussé à devenir militants, à participer à ces co-formations », plusieurs militants ont répondu : « c’est un jour, une personne qui a posé sur moi un regard positif, une enseignante qui m’a dit : tu peux le faire ».

La conception de mon travail
Cette formation nous a aidés, nous a outillés à dire : « est-ce que pour une fois, on peut essayer de travailler vraiment différemment ? ». Par exemple, dans le cadre de mon travail sur l’observation, ce que je souhaite désormais, c’est travailler avec des habitants pour élaborer un portrait de quartier avec eux, et qu’à terme, ce soit eux qui présentent leur territoire devant l’ensemble des conseils de quartier, ou devant d’autres instances.

Irma Poulard, APRAS – Association pour la Promotion de l’Action et de l’Animation Sociale

cropped-logo.pngY aller par d’autres chemins…