Les enjeux du croisement des savoirs

Contexte
Parvenir à toucher et mobiliser les personnes les plus exclues et soutenir leur pouvoir d’agir par une démarche spécifique de co-formation organisée en Seine-Saint-Denis.

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Co-formation qui a mis au travail des professionnels et élus et des personnes ayant l’expérience de la grande pauvreté.

La démarche du croisement des savoirs et des pratiques développée par Atd Quart Monde part du principe que les savoirs de vie des personnes ayant l’expérience de la grande pauvreté, croisés avec les savoirs académiques des scientifiques et des universitaires, les savoirs d’action des professionnels, sont source d’innovations, de changements et de progrès démocratiques pour tous les habitants d’un territoire.

Cette co-formation avait plus particulièrement comme objectif de répondre à deux grands enjeux fondamentaux réaffirmés par la nouvelle politique de la ville et les conseils citoyens en particulier :

– D’abord, parvenir à toucher et mobiliser les personnes les plus exclues des processus de démocratie représentative et participative : ceux qui n’ont pas le droit de vote (les étrangers, les mineurs…), ceux qui s’abstiennent lors des élections et qui sont aussi plus nombreux dans les quartiers prioritaires (jusqu’à 70 % d’abstention aux élections locales), ceux qui sont absents ou sous-représentés dans les instances participatives que sont les conseils de quartier, forums et autres ateliers urbains (chômeurs, familles monoparentales, jeunes, etc).

– Ensuite, soutenir le « pouvoir d’agir » des habitants des quartiers, leur capacité à s’organiser, à développer une autonomie et à porter des initiatives, pour qu’ils puissent prendre toute leur place dans l’élaboration des projets et des décisions publiques, généralement dominés par des logiques descendantes et au mieux consultatives. En d’autres termes, aller davantage vers ce que Pierre Rosanvallon appelle une « démocratie d’exercice » (Le bon gouvernement, Éditions du Seuil, 2015), pour pallier les limites de notre système électoral.

Pour répondre à ces enjeux, la co-formation s’était fixée 5 grands objectifs :

– Apprendre à se connaître et à se comprendre, entre acteurs de la politique de la ville et personnes en situation d’exclusion ;

– Développer et renforcer les compétences pour agir ensemble (représentants institutionnels et personnes en grande difficulté) dans le cadre de la politique de la ville ;

– Apprendre à faire place à l’autre et à son savoir spécifique ;

– Questionner et faire évoluer les représentations, les pratiques, les logiques d’action ;

– Identifier les conditions pour améliorer concrètement l’intercompréhension et l’interaction.

cropped-logo.pngY aller par d’autres chemins…