Regards croisés : « Qui a peur de la participation? »

Contexte
Le 14 octobre 2016, une centaine d’acteurs des quartiers prioritaires d’Auvergne-Rhône-Alpes ont échangé sur la participation citoyenne, ses enjeux, ses limites, son actualité et son avenir.

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La participation en débat

Que peuvent bien se dire agents de la politique de la ville, habitants des quartiers, acteurs associatifs et élus locaux lorsqu’ils sont réunis pour échanger sur le thème de la participation citoyenne ?

Observe-t-on des clivages de points de vue ? Des réactions types ?
À la lecture des post-it laissés par les participants de la journée régionale, il n’est finalement pas si évident de déterminer si l’auteur de tel ou tel propos est un fonctionnaire, un associatif, un habitant ou un élu.
Entre les lignes ou au détour d’un mot, on voit poindre de la désillusion. Plus loin, on soulève des interpellations. Mais on retient aussi des envies, des idées pour améliorer les démarches citoyennes.
Voici le contenu d’une sélection de post-it récoltés ce jour là.

Les post-it, outil star de l’animateur de démarches participatives

Désillusions

« Les démarches de participation descendantes sont la roue de secours du système actuel. »
« Comment croire en la participation quand ses organisateurs refusent qu’elle parle de Politique ? »
« L’ouverture de la participation avec une demande d’engagement bénévole arrive quand les institutions n’ont plus d’argent pour les associations. »
« Recette de cuisine : mise en place d’un processus participatif par une commune ; financement public accordé par un dispositif ; émergence d’idées émises par les habitants et soutenues par les intervenants ; ça ne convient pas aux élus ; fin du processus participatif. Conclusion : la pâte a levé puis elle a dégonflé, quel gâchis, que de frustrations. »
« En période de crise des financements publics, associer les habitants via les conseils citoyens est de la politique managériale. »

Interpellations, interrogations

« Les capacités d’auto-organisation de la société qui s’individualise sont limitées (le Pokemon go ne va pas faire le nouveau lien social). »
« Les acteurs de la participation peuvent-ils se permettre d’être gentils ? »
« Entre élus, techniciens et habitants/acteurs socioculturels, qui a peur de la participation ? »
« Comment faire participer des habitants qui pensent d’abord à se nourrir, se loger, qui vivent de minima sociaux ? Et pourquoi y allouer des moyens conséquents au regard de ces problèmes ? »
« Quelle est la motivation des habitants à se mobiliser ? »
« La participation est-elle un modèle ou une utopie ? »

Envies, idées d’amélioration

« Laisser la place à tout le monde – pas qu’aux sachants et aux « grandes gueules » – grâce à des outils d’intelligence collective. »
« Il faudrait unir les différents conseils citoyens pour avoir une influence auprès des politiques régionales. »
« Les dynamiques participatives collectives ne doivent pas reproduire les dominations raciales, de sexe et de classes, elles doivent au contraire les combattre. »
« Si les élus n’avaient le droit qu’à un seul mandat, ils travailleraient avec les habitants sans penser à leur réélection. »
« Créer des ponts entre les différentes pratiques culturelles pour la création d’un espace politique commun. »

cropped-logo.pngY aller par d’autres chemins…