Une évaluation partagée des conseils citoyens

Contexte
Au printemps 2017, cinq étudiants de l’université de Lyon – encadrés par une doctorante et le CR•DSU – ont mené une étude auprès de conseils citoyens de la métropole lyonnaise, sur la question de l’engagement. Cette étude prend place dans la démarche nationale d’évaluation qualitative des conseils citoyens soutenue par l’Observatoire national de la politique de la ville.

L’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics est l’élément majeur de  différenciation des conseils citoyens avec les comités de quartier. Ce principe fondateur a d’ailleurs souvent été au cœur des échanges sur les territoires, et a parfois même constitué un frein à la mise en place de conseils citoyens. Farouchement attaché à son indépendance, le conseil citoyen de Sœur Janin (Lyon 5ème) en a fait sa thématique d’évaluation. Retour sur la démarche proposée par le CR•DSU et l’université de Lyon.

 Une évaluation oui, mais partagée !

Le concept de l’évaluation partagée place aux côtés des évaluateurs les principaux concernés par l’objet évalué. Ainsi, le conseil citoyen a été associé au choix de l’objet de l’évaluation : qu’allons-nous précisément évaluer pour le conseil citoyen Sœur Janin ? Qu’est ce qui vous semble le plus pertinent et intéressant d’évaluer ?Puis le conseil, guidé par le groupe universitaire, a participé à la démarche évaluative lors de trois ateliers.
Par ailleurs, au-delà de cette collaboration étroite, il a été posé dès le départ que la démarche devait profiter au conseil, qu’il allait pouvoir en retirer quelque chose. En l’occurrence, le conseil étant récemment constitué, le souhait de ses membres était d’en extraire de la matière pour élaborer un règlement intérieur.

L’indépendance du conseil : objet de l’évaluation

Le conseil citoyen du quartier Sœur Janin a vu le jour à l’automne 2016 sous l’impulsion du centre social. Rapidement, le conseil s’est retrouvé confronté à la question de son indépendance.
Tout d’abord parce qu’il fut le seul qui refusa de signer la charte des conseils citoyens de Lyon le jour de leur reconnaissance officielle en mairie centrale. La raison ? Le document leur était imposé sans qu’ils n’aient pris part à son élaboration.
Le principe d’indépendance a ensuite ressurgi quelques mois plus tard lorsque le conseil décida collégialement de reverser une subvention à une toute jeune association locale. Cette dernière, fondée par quatre jeunes du quartier, porte l’ambition de dynamiser la vie locale et de fédérer les habitants à travers diverses animations.
Enfin, au cours des discussions entre le conseil citoyen et le groupe universitaire en charge de l’évaluation, l’indépendance est ressortie comme étant un enjeu essentiel.

Méthode utilisée

La démarche évaluative s’est concrétisée sous la forme d’ateliers de co-évaluation avec une animation propice aux échanges et à la réflexion collective.
Dans un premier temps, le groupe s’est penché sur la notion d’indépendance de manière à aboutir à une définition partagée. Puis le conseil citoyen a été amené à faire le point sur la situation actuelle quant au sujet. Cela a entraîné un travail de projection et d’anticipation pour identifier les opportunités et menaces qui pourraient se poser par la suite. À titre d’exemple, le conseil s’est interrogé sur la meilleure manière de faire face à d’éventuels enjeux de pouvoirs en son sein.
Des points de vigilance sont ressortis de ce travail et le groupe a fixé les « conditions de réussite » à l’indépendance du conseil citoyen.

Les résultats de l’évaluation sont en cours de publication.