Être jeune et engagé : une exception ?

Contexte
Cet article est issu de l’analyse d’une série d’interviews de jeunes de quartier impliqués dans des actions citoyennes, réalisée collectivement par les 4 centres de ressources politique de la ville du projet Y aller par quatre chemins.

Résumé : Comment favoriser l’engagement des jeunes ? Comment leur donner envie de s’impliquer dans des projets citoyens ? Ces questions turlupinent bon nombre de professionnels, qu’ils travaillent en collectivité ou en milieu associatif. Les témoignages receueillis auprès de jeunes des quartiers nous inspirent des pistes de réponse

Communication et reconnaissance

Dans une société où partager son quotidien sur les réseaux sociaux est la norme, ne pas communiquer sur les initiatives citoyennes des jeunes revient à les rendre invisibles. Les jeunes que nous avons rencontrés ont déploré cette invisibilité. Communiquer localement sur l’engagement citoyen aurait le mérite de montrer qu’il est possible de faire bouger les choses à son niveau, pour une cause qui tient à cœur.
Cette valorisation publique aurait par ailleurs un autre intérêt : la reconnaissance. Car oui, les jeunes retirent une satisfaction personnelle de leur engagement dans des actions citoyennes. Mais une reconnaissance de leur action, provenant de la société est tout aussi importante.
Cela peut se faire d’une multitude de manières : article dans la presse locale, encart dans le journal municipal, photo sur le compte Instagram ou Facebook de l’agglomération, organisation d’une réception avec les élus, création d’une distinction citoyenne locale…

 Accompagner l’action citoyenne

Quand l’envie d’agir est forte et que la volonté de la concrétiser est présente, de nombreux jeunes ne savent pas forcément comment s’y prendre ou par quel bout commencer. Ils tâtonnent, expérimentent… et parfois se découragent ou échouent. Une aide pour mettre le pied à l’étrier leur serait très précieuse à ce « stade 1 » de l’engagement.
Certains jeunes ont su trouver auprès de bénévoles associatifs aguerris ou de professionnels de l’éducation populaire de leur quartier, l’expertise nécessaire pour mettre leur projet sur les rails, au moment où ils en avaient besoin : transfert de savoirs, ouverture de réseaux, clés de lecture de l’écosystème local, conseils pour l’action… Ce soutien au démarrage leur a permis de réussir leur première expérience d’engagement citoyen.
Pourquoi ne pas imaginer la mise en place au local d’un comité pour l’action, sorte de collectif facilitateur pour l’engagement citoyen des jeunes ?

Petits circuits pour petits projets

Aller frapper à la porte de la collectivité pour demander un financement pour concrétiser un projet citoyen est devenu un automatisme pour nombre d’associations. Pour les jeunes, la méconnaissance du fonctionnement des collectivités et la complexité des dossiers de demande de subvention, ajoutées à la lenteur de la machine administrative en rebute plus d’un. Si bien que certains jeunes préfèrent se débrouiller par leurs propres moyens (le fameux système D) comptant sur la solidarité de l’entourage et misant sur leur énergie fédératrice pour réunir des fonds et mener leur action.

À l’heure du « choc de simplification », les collectivités locales pourraient se pencher sur les processus et procédures d’attribution de subventions publiques, en visant :

  • la simplification des dossiers de demande de subvention,
  • le raccourcissement des délais d’instruction en simplifiant les procédures et en proposant plusieurs instructions dans l’année*.

Et pourquoi ne pas envisager la possibilité d’être accompagné et/ou financé en dehors de toute procédure administrative ?

La fibre citoyenne est présente chez de nombreux jeunes et ne demande qu’à se développer. Ces pistes pour démultiplier l’engagement des jeunes mériteraient d’être creusées … avec les premiers intéressés !

*en s’inspirant, par exemple, du fonctionnement des fonds d’initiatives locales ou des fonds de participation des habitants.